La loi dite « anti fake news »

En tant que citoyens, nous avons beaucoup de mal à accepter que des fake-news, orchestrées par des puissances étrangères, s’invitent à un débat électoral. Pour mémoire rappelez-vous de ce compte off-shore aux Bahamas supposé détenu par E. Macron. Cette « info » avait été évoquée par Mme Le Pen dans le débat de l’entre-deux tours, le 3 mai 2017, sur France 2.

Comment naît une fake-news ?

La fake news peut facilement naître de ce type de remarque… et rapidement enfler sur les réseaux sociaux. Le risque est que la fausse info déborde dans des journaux plus sérieux, ce qui peut rendre difficile de démêler le vrai du faux. Et c’est la course au sensationnalisme qui fait parfois oublier la règle d’or de la vérification des sources.

A cela s’ajoute un certain nombre d’outils utilisés par les propagateurs de fake news. Citons de faux sites internet reprenant des visuels de site réputés, des photos et des vidéos détournées pour illustrer de fausses informations. Sans parler de l’aptitude qu’ont certains de croiser des données de façon contestables.

Tout cela n’est pas nouveau. La seule nouveauté qui entre aujourd’hui dans l’équation et qui se pose comme une formidable caisse de résonance, ce sont les réseaux sociaux.

En quoi légiférer serait un acte fort ?

La proposition de loi voulue et portée par le Président de la République vient d’être retoquée par le Sénat. Et pourtant une loi serait contraignante pour les ténors des réseaux sociaux que l’on obligerait à une transparence pour des contenus mis en avant. Elle devait permettre, également, à un candidat de saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion de fausses informations dans les trois mois précédant un scrutin.

Une telle loi peut-elle être appliquée ?

Dans la mesure où le siège des plus grands réseaux sociaux se trouvent aux États-Unis il sera très compliqué de leur demander de coopérer et encore moins de les contraindre. Ils sont couverts par le premier amendement.

Mais l’élargissement des prérogatives du CSA devrait avoir un certain poids vis à vis des organes d’influence venus de l’Est… comme de l’Ouest. Il pourrait contrôler les contenus en ligne et suspendre ou refuser des conventions avec des médias étrangers. Dans l’article 42-6, ce serait le cas si « la diffusion de ce service porte atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou participe à une entreprise de déstabilisation de ses institutions, notamment par la diffusion de fausses nouvelles ».

On pressent néanmoins des risques liberticides à faire adopter une telle loi. Le « notamment » n’a rien d’anodin. On est en devoir de s’interroger sur le type de contenus entendu derrière ce terme. Qu’en est-il des lanceurs d’alerte ?

Éduquer plutôt que réprimer.

Les outils répressifs existent déjà. Une telle loi n’aurait comme but que d’en faciliter leur mise en application. C’est d’éducation qu’il nous manque, pas de lois. Mais espère-t-on vraiment des citoyens responsables car cela impliquerait que ce soient des citoyens éduqués ? Et éduquer implique beaucoup de choses notamment en matière de démocratie participative.

Nous avons une réelle responsabilité dans la diffusion des fake news, alors autant savoir comment réagir. Ce sera le propos de cet article.

 

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